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L’INTERET DE L'INVESTISSEMENT EN CHEPTEL
La gestion du patrimoine est un passage obligé pour chacun d’entre nous.
Notre environnement actuel est celui d’une mutation à la fois économique,
technique, sociologique et démographique. Dans ces conditions il est
très
délicat
d’obtenir
l’indispensable stabilité de ses avoirs dans le temps.
Chacun de nos choix peut-être remis en cause et les phénomènes de mode (spontanés ou provoqués) viennent sans cesse rebattre les cartes.
La réponse qui semble s’imposer est celle de la diversification du patrimoine.
Même si les choses sont mouvantes, il y a des tendances de fonds qui commandent
l’avenir.
(c'est la boussole qui oriente nos choix)
Faire le choix délibéré de s’appuyer sur celles-ci plutôt que de les subir mérite réflexion.
Quelles sont les tendances lourdes avec lesquelles nous devons compter ?
- L’évolution
démographique
C'est la plus importante,
elle joue dans tous les pays et commande l’avenir.
En 1987, nous avons atteins cinq milliards d’êtres humains, le 12 octobre
1999 six milliards.
Entre 1960 et 1999 la population de la planète a doublé, passant
de 3 à 6
milliards. Chaque année
l’augmentation de population est de l’ordre de 77 millions de personnes (chiffre
de 2004) équivalent à 210 000 / jour (soit trois personnes
supplémentaires
toutes les deux secondes), la population mondiale est estimée au 31/12/08
à 6,75 milliards d'êtres humains, le chiffre de 7 milliards sera vraisemblablement
atteint ou dépassé en 2012 (d'après certains experts, la croissance réelle
annuelle est plutôt de 90 à 100 millions / an)
Les scénarios de stabilisation de la population
mondiales les plus optimistes évaluent l'arrivée à l'état d'équilibre au cours
du 21ème siècle. En 2050 la population devrait varier entre 8 à 10 milliards.
La méthode de l’empreinte écologique consiste à mesurer la quantité et la qualité des ressources écologiques nécessaires pour subvenir aux besoins d’une population donnée à un niveau donné de consommation et de technique.
D’après ce calcul (qui inclut les zones sauvages et inhabitées), au milieu des années 90, chaque être humain aurait eu droit à 15 000 m², soit un peu plus qu’un terrain de football.
Cette offre est donnée une fois pour toute par la biosphère, elle n’est pas extensible, elle diminue par contre avec la déforestation, la désertification, l’érosion, la salinisation, phénomènes qui réduisent la surface productive.
Cela permet de constater que toutes les
productions dites « hors sols » utilisent, en important la nourriture, des terres situées dans des pays tiers. Les Hollandais par exemple, pour satisfaire leurs besoins actuels en nourriture, produits forestiers et énergie, auraient besoin de quinze fois plus de terre que celles disponibles aux Pays Bas.
Autrement dit: 94 % des hollandais devraient émigrer, s’ils ne pouvaient compter que sur leurs sols actuels.
Plus un pays est développé, plus son empreinte écologique devient importante, ainsi un Nord Américain nécessite en moyenne 4 à 5 hectares pour couvrir ses besoins actuels.
Au fur et à mesure que les pays du sud et d’Asie verront leur développement se poursuivre, la pression sur les « écosystèmes terrestres » va augmenter, une
raréfaction des ressources est inévitable, pas dans le sens imaginé par le club de Rome en 1972, mais dans celui des capacités de production et de recyclage de la planète.
L’inventivité de l’humanité ne pourra faire face indéfiniment à l’augmentation des prélèvements sur la biosphère, les
systèmes complexes dont nous faisons partie ne peuvent pas supporter des surcharges éternellement.
Treize des quinze zones de pêche du monde sont en déclin, en mer du Nord le poisson se raréfie.
Des années 1950 à 1984, la production alimentaire a été plus
forte que l’accroissement de la population, depuis 1984 c’est le contraire qui
se produit.
Pendant les années 1990 la production agricole a connu une croissance annuelle de 0,5 %, tandis que la population mondiale augmentait de 1,4 % par an.
Le niveau des stocks de céréales en réserve est relativement faible, la FAO recommande 73 jours de stock, or en 1995/96 après trois ans de déclin des récoltes, les réserves étaient tombées à 48 jours, elles ont été reconstituées depuis en 1997, puis nouvelle crise en 2007 / 2008 (le stock de céréales n’est plus que de 37 jours) aggravée par la concurrence entre productions non alimentaires et vivrières et la spéculation...
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Le problème de l’eau, directement lié au précédent
Le problème principal est celui de l’eau douce (les quantités disponibles par personne ont diminué de 40 % en 20 ans), le niveau des nappes phréatiques baisse, les réserves en eau fossiles sous les grandes plaines américaines ont diminué de moitié, des terres naguère fertiles au Texas, en Israël, en Inde, ont été abandonnées du fait de l’épuisement de l’eau dans le sous-sol.
Près de la mer d’Aral trois millions d’hectares se sont transformé en un désert de sel impropre à l’agriculture.
A Pékin 1/3 des puits sont déjà à sec, la nappe est descendue 50 m en dessous du niveau de la mer, elle continue de baisser de un à deux mètres par an. Les autorités chinoises ont reconnu que 50 % des 600 (moyennes et grandes) villes du pays avaient des difficultés a s’approvisionner en eau potable, dont cent en situation de pénurie grave.
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Le vieillissement de la population en France
Nous retrouvons l’influence capitale de la démographie appliquée au cas français ; il y avait chaque année 100 000 personnes qui partaient en retraite avant 2005, à partir de cette année charnière ce chiffre est passé à 250 000 personnes par an.
Le financement des retraites va constituer un enjeu de société capital, or malgré les réformes intervenues jusqu’ici, le
problème n’est pas réglé (on voit même persister une inégalité de traitement injustifiable).
Voyons les chiffres :
En 1997 par exemple (en 2008 les ordres de grandeur sont comparables), le montant moyen de retraite s’établissait à 1
037 € /mois (soit 6 804 F)
Il y avait 7 692 310 retraités en France à cette époque (dont 7 000 000 percevaient moins de 762 € /mois, soit 5 000 F/ mois), ce qui représente
un budget mensuel de 1 037 x 7 692 310 = 7 976 925 470 €. Soit 7,97 milliards
d’euros (MD€).
Les dividendes 1999 versés
par la Bourse de Paris représentaient 15,85 MD€, ce qui correspondait à 15,85
: 7,976 = 1,99 mois de retraite.
Ou ramené au mois pour chaque retraité :
15,85 MD€ : (7 692 310 x 12)
= 171,76 € / mois (soit 1 126,66 F / mois.)
Encore faudrait-il raisonner en
flux net des appels de capitaux réalisés pendant la même période
en bourse de Paris, pour la souscription des augmentations de capitaux ou des
introductions en bourse. Ce qui aurait pour effet d’amputer ces 15,85 MD€ de
plusieurs milliards.
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Des choix qui préparent l'avenir
Il est clair que les fonds de pensions ne suffisent pas, d’autres formules de capitalisation sont indispensables.
Sans pousser plus loin l’analyse, on peut estimer que :
* les besoins en produits agricoles alimentaires ne peuvent que croître considérablement,
* les limites naturelles de notre environnement (ex : eau potable) imposeront par la force des choses une limitation des productions.
* Ceux qui détiennent
tout ou partie des biens de production correspondant, devraient de ce fait en
bénéficier tôt ou tard.
Les besoins de financement des
retraites sont d’une ampleur telle que tout investissement permettant
de contribuer au financement de ces pensions est un choix à retenir. *
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* Déficit de la C.N.A.V. :
2005 : 1,8 milliards d’euros, 2006 : 2,4 milliards d’euros, 2007 : 4,7 milliards d’euros
Or, l’investissement en cheptel est un investissement à rotation lente des capitaux, il concourt à la modernisation et à la défense des productions nationales sur le secteur clé de l’alimentation tout en améliorant la structure financière des exploitations. Il peut assurer un produit annuel indexé sur la valeur des vaches laitières aux propriétaires, à ce titre il a sa place au sein d’une diversification
de patrimoine étendue prenant en compte les risques et les chances de notre époque.
L’investissement en cheptel, un moyen parmi d’autres de constituer un complément de ressources pour la période
de retraite :
En 2001 ce sont les personnes nées en 1941 qui sont arrivées à 60 ans, elles représentaient 500 000 ayants droits. Nombre de départs effectifs en retraite 110
000 par an.
En 2006 ce sont les naissances de 1946 et années suivantes qui sont concernées, soit environ 800 000 personnes par an ! Nombre de départs effectifs en retraite 250 000 par an +127 % ! (1)
Le régime général est soumis à une forte pression depuis 2006 / 2007 et le fameux fonds de réserve des retraites ne règlera même pas 10 % des problèmes des régimes spéciaux (Sce M. ARTUS P., économiste en chef de la caisse des dépôts et consignation. Challenge juin 2001)
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Les limites de la capitalisation financière
Selon un calcul établi par la Société Stock Option créée par M. JAFFRE P. la richesse virtuelle des détenteurs de stock options dans les sociétés du CAC 40 a fondu de près de la moitié en huit mois en 2001, le moins que l’on puisse dire c’est que si l’année 2002 n’avait rien arrangé, la crise de 2008 remet tout à plat. (2)
Aux USA Business Week indique « Les millions d’américains qui ont souscrit à des fonds de pensions se retrouvent avec des retraites moins généreuses, la seule pièce du système de retraite véritablement solide est, bien sur, la sécurité sociale dont les dépenses sont indépendantes des marchés financiers et garanties par le gouvernement. » (Sce Marianne 24/06/01) en 2008 les pertes boursières amputent de plusieurs milliards les réserves des fonds de pension.
N.B. : A partir du moment où 5 % de la population détient 80 % des titres cotés au Etats Unis, on peut s’interroger sur le revenu réel qu’apportera la possession de 20 % des titres cotés à 95 % de la population ?
La diversification du
patrimoine est vraiment incontournable car derrière tous les dossiers économiques actuels une problématique redoutable apparaît :
Une économie basée uniquement sur la croissance est confrontée tôt ou tard à la
saturation des besoins solvables (3).
L’investissement en cheptel à sa modeste échelle permet de diversifier son patrimoine dans le secteur agricole, pour se créer un bouclier
face aux aléas à venir.
(1) Voir le livre de Michel GODET à ce sujet : « Le choc de 2006 »
(2) Voir le livre de Jean-Michel QUATREPOINT « La crise globale »
(3) En admettant que les ressources indispensables à cette croissance soient disponibles en quantités infinies, ce qui est évidemment faux.
N.B. : Des éléments très intéressants à ce sujet sont disponibles dans :
« Le rapport Lugano » de Susan GEORGES éd. FAYARD
« L’illusion néo libérale » de René PASSET éd. FAYARD